Selon une étude menée  par Poll&Roll pour le compte de Wizzcad, société de conseil et d’accompagnement des entreprises du BTP vers le digital, la crise sanitaire a eu un impact très important sur l’activité. Elle a fragilisé considérablement l’ensemble des entreprises

Quelles sont les inquiétudes et les attentes des professionnels du BTP ? Dans quelle mesure la crise remet-elle la santé financière de leurs entreprises en question ? Parviennent-ils à respecter les nouvelles contraintes sanitaires et les conséquences sociales ? Leur productivité et leurs marges en sont-elles affectées ? Comment imaginent-ils préserver leurs marges ? Wizzcad, spécialiste français de la digitalisation du secteur du BTP, en partenariat avec l’institut de sondage Poll&Roll a souhaité prendre le pouls des professionnels du secteur sur l’impact d’une crise longue et inédite.

Seul un tiers des chantiers finis

Premier apprentissage préoccupant de l’étude, seuls 36% des chantiers prévus avant la Covid ont pu être finalisés.  « Le reconfinement donne une résonnance particulière à l’étude que nous avons mené auprès des acteurs du BTP. Alors que la première de leurs préoccupations pour l’avenir était celle d’un reconfinement total, ils doivent aujourd’hui être pleinement soulagés de pouvoir poursuivre leur activité. Pour autant, l’étude publiée ce jour nous apprend que les entreprises du secteur restent fébriles. Une majorité d’entre-elles n’a pas réussi à rattraper le retard accumulé depuis le début de la crise et près d’un tiers des professionnels sont inquiets quant à la pérennité de leur entreprise. Les efforts qu’ils déploient pour maintenir leur activité dans le contexte actuel ne leur permettent malheureusement pas de maintenir un niveau de marges normatif», explmiauet les responsables de Wizzcad. 

Protocole sanitaire, mal nécessaire

Pour accélérer le retour à l’activité post confinement, l’OPPBTP a édité en avril dernier un nouveau référentiel permettant aux acteurs du BTP de reprendre leurs chantiers dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire sur les chantiers.  Pour la majorité des professionnels du secteur (74%), ce nouveau protocole sanitaire sur les chantiers est jugé suffisant pour assurer la sécurité des intervenants sur site. En revanche, plus de la moitié des entreprises du secteur (55%) considèrent que les gestes barrières sont plutôt difficiles voire très difficiles à appliquer sur un chantier.   

Cette difficulté de mise en œuvre est d’ailleurs une préoccupation très forte, puisque que les professionnels du BTP estiment qu’après le retard accumulé sur les chantiers, le nouveau protocole sanitaire mis en place est aujourd’hui le deuxième plus grand frein à la reprise de leur activité.   

Un retard irratrapable

Interrogés sur leurs préoccupations dans le contexte actuel de crise, les acteurs du secteur déclarent être aujourd’hui plus inquiets par les conséquences d’un reconfinement ou même la baisse de leurs revenus que pour leur propre santé. Ils sont ainsi 29% à se déclarer très inquiets de l’impact d’un reconfinement contre 20% pour leur propre santé.  

Alors qu’ils pensaient pouvoir rattraper le retard engendré par le confinement, les professionnels n’y sont pas parvenus. Près d’un professionnel sur deux (48%) estime ainsi aujourd’hui qu’il ne pourra pas ou probablement pas rattraper le retard lié au confinement d’ici la fin de l’année 2020.  

In fine, si 69% des répondants sont confiants quant à leur avenir, il y a tout de même aujourd’hui 31% d’entreprises du secteur qui se considèrent inquiètes pour la pérennité de leur activité.  

Des entreprises moins productives qu’avant crise 

Dans ce contexte, l’amélioration de la productivité est un enjeu primordial pour compenser la baisse d’activité sur l’année, et ce, d’autant plus que le secteur du BTP est caractérisé par un niveau de marges très faible.  Là encore, les entreprises du secteur n’y parviennent pas. En effet, 77% des professionnels du BTP déclarent atteindre aujourd’hui un niveau d’activité égal voir inférieur à l’avant crise et la grande majorité d’entre eux (86%) estiment être autant voire moins productifs qu’avant la crise. Une problématique d’autant plus forte que les nouvelles contraintes impactent leurs niveaux de marges puisque pour plus d’une entreprise sur deux (55%), elles sont aujourd’hui moins élevées qu’avant crise.   

La digitalisation du secteur accélérée par la crise  

Interrogés sur leurs axes d’amélioration, les professionnels du BTP considèrent que les 3 premiers leviers sur leur productivité et donc leurs marges sont par ordre prioritaire :  

  • Une plus grande coopération et contrôle à distance entre les intervenants sur un même chantier ;  
  • Une diffusion plus rapide et une meilleure traçabilité des documents liés à chaque chantier 
  • Moins d’erreurs sur les chantiers.  

Pour chacun de ces axes d’amélioration, le digital à un rôle clé à jouer et plus de la moitié des professionnels du secteur le savent puisqu’ils estiment à 54% que le digital est un bon moyen de faire levier sur ces axes.  

Pour autant, le secteur reste encore trop peu digitalisé puisque seuls 25% des répondants déclarent utiliser le digital pour améliorer leur productivité. Mais la crise sanitaire devrait accélérer la digitalisation du secteur puisque 32% des professionnels interrogés déclarent avoir utilisé où prévoir d’utiliser une solution digitale depuis le début de la crise actuelle.  

Méthodologie de l’étude : Méthodologie de l’étude : cette étude a été réalisée par l’institut de sondage Poll&Roll pour Wizzcad entre le 13 et le 21 octobre 2020 selon la méthode des quotas. Elle porte sur un échantillon de 100 entreprises de toutes tailles dans le secteur du BTP et présentes partout en France.