A partir pratiquement d’une page blanche, Franck Boguenet, architecte d’intérieur en charge de FB Studio, a rénové l’année dernière un appartement de 116 m2, situé dans un immeuble années 30 du 6èmearrondissement lyonnais. Il fait la part belle au rangement et au gain d’espace.

« Lorsque mes clients ont acheté fin 2018 leur appartement dans un immeuble des années 30, il était en bon état, explique d’entrée-de-jeu Franck Boguenet, l’architecte d’intérieur et dirigeant de FB Studio, en charge de cette rénovation. Mais il ne correspondait pas à leurs besoins : il avait une grande entrée, des radiateurs mal placés, une seule salle de bains ». C’est après de nombreux échanges avec ses clients que l’architecte a été en mesure de leur proposer des plans correspondant exactement à leurs besoins. « Je regarde comment les gens vivent, je les rencontre dans leur environnement, cela me permet de déterminer exactement de combien de place ils ont besoin pour ranger ci ou ça. J’ouvre les tiroirs dans la cuisine, je regarde les livres dans le salon », souligne-t-il. Pour cet appartement, concrètement, les travaux de rénovation ont duré 4,5 mois mais la période pendant laquelle l’architecte a défini les plans, a duré elle, 10 mois. « Mes clients voulaient notamment se débarrasser de leurs anciens meubles. J’ai donc dû intégrer beaucoup de rangement, des placards, des dressings pour les aider à créer une ambiance épurée. »

Garder l’esprit du bâtiment

Franck Boguenet est pratiquement parti d’un plateau vide pour réaliser les travaux. Les murs ont été démolis à certains endroits, reconstruits à d’autres : plus de couloir, une petite entrée purement fonctionnelle, construction d’une salle de bain attenante à la chambre parentale, redéfinition de la cuisine et espace salon-salle à manger séparé uniquement par un meuble de menuiserie sur mesure à triple fonction. « Au prix du m2 à Lyon, il était essentiel de réduire les zones de circulation pour rentabiliser l’espace », insiste-t-il. « J’ai choisi les matériaux de manière à ne pas dénaturer l’architecture du bâtiment. Ainsi, nous avons gardé le parquet chêne à bâtons rompus dans les pièces de vie, et à la française dans les chambres. Nous l’avons poncé et huilé. Pour la cuisine j’ai choisi un carrelage imitation carreaux de ciment car il y a des carreaux de ciment d’époque dans le couloir de l’immeuble. J’ai enfin descendu la hauteur sous plafond de 30 cm pour placer une isolation phonique en laine de roche et faire passer le réseau électrique, mais j’ai gardé les moulures pour les réutiliser dans les encadrements des portes et des dressings. » L’architecte a, de la même façon, remplacé les anciennes fenêtres bois simple vitrage, par 8 fenêtres bois triple vitrage qu’il a fini en réutilisant les petits bois.

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La chambre parentale est épurée. Le papier peint au mur apporte une touche glamour.

La menuiserie, un poste important

Pour Franck Boguenet, la menuiserie est probablement le poste le plus important de toute rénovation d’habitat. « C’est grâce à elle que l’on répond à la fonction, qui est un élément essentiel. Il faut allier le beau au pratique et nous avons tous besoin de beaucoup de rangement. Chaque chose doit être à sa place », note-t-il. Pour la rénovation de cet appartement, il a fait appel à Olivier Levigne, un menuisier avec qui il travaille très souvent. Celui-ci a réalisé sur-mesure dans son atelier, le dressing de la chambre parentale qui présente 5 mètres de linéaires, les placards des deux chambres des enfants, les meubles de la cuisine et le grand meuble du salon-salle à manger. « Il a utilisé des panneaux de particules stratifiés pour les dressings et les placards. Nous avons ensuite réutilisé les portes existantes que nous avons décapées et laissées en finition brute. Nous avons beaucoup travaillé dans un esprit bois naturel, qui reprend le carrelage imitation bois de la salle de bains et le parquet », explique l’architecte. Les portes de circulation, ont également été poncées et replacées à leur emplacement, mais les cadres ont été retravaillés avec les moulures qui existaient au plafond. Le grand meuble de la salle à manger a été lui, livré en une seule pièce. « Il s’agit d’un meuble de rangement recto verso, de 2,98 mètres de hauteur réalisé avec des panneaux Formica. Il prend toute la hauteur sous plafond. Placé entre le salon et la salle à manger, d’un côté il fait bibliothèque à étagères modulables, de l’autre, il sert à ranger de la vaisselle, l’administratif et un peu de buanderie. »

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Le parquet d’origine est conservé dans les chambres et le salon

Harmonie d’ensemble.

Chef d’orchestre du chantier, Franck Boguenet est allé jusqu’à la prescription de l’ensemble du mobilier. Plan de travail en Dekton (pierre reconstituée), électroménager Bosch, robinetterie Francke, mais aussi réédition de pièces de mobilier classiques pour l’ensemble de l’appartement. « J’ai eu la chance d’avoir un beau budget qui m’a permis de faire plaisir à mes clients. » Pour finir, l’architecte a joué avec les couleurs sur les murs : « J’ai un peu personnalisé en utilisant le bleu avec parcimonie et des rayures noires et blanches, très utilisées dans les années 30, dans l’entrée et les espaces de circulation devant les chambres des enfants. J’ai enfin commandé une impression sur une toile Dickson d’un tableau, libre de droits dans la banque de données du musée de Washington et que j’ai retravaillé pour redessiner certaines zones. » Le tableau, de 70 x 50 cm, donne, une touche finale très personnelle à cet ensemble, parfaitement adapté désormais, au mode de vie de ses occupants.

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Bandes verticales noires pour évoquer les années 30, parquet, contraste entre le blanc et le bleu au mur…

Aménagement à dimension humaine

FB Studio, l’agence de Franck Boguenet, s’est spécialisée au fil du temps dans la rénovation de l’habitat. « Je m’occupe parfois de bureaux, mais l’essentiel de mon activité se trouve dans l’habitat. » Et pour cause, Franck Boguenet développe un réel lien avec ses clients : « Il s’agit de personnes privilégiées, avec un budget conséquent pour la réalisation de leurs travaux, que je côtoie pendant longtemps pour être à même de bien connaître leur mode de vie et leur proposer une prestation parfaitement adaptée. » C’est ainsi qu’au cours de ces derniers mois de confinement, l’architecte n’a pas ressenti un frein dans l’activité. « J’ai eu des projets en cours, pendant et après. Les chantiers ont avancé plus lentement de manière à répondre aux consignes sanitaires, mais j’ai une demande qui s’accroît. Cela répond probablement au fait que le télétravail se généralise et que les gens ont besoin de bien se sentir dans leur environnement », conclut-il.

Article paru dans la revue spécialisée bois Woodsurfer 117, à consulter ici.