Esprit Meuble et l’IPEA (institut de prospective et d’études de l’ameublement) ont conduit au mois de mai une enquête auprès des Français sur l’impact du confinement dans nos intérieurs : comment comptons-nous habiter nos espaces dorénavant, quels sont nos projets de renouvellement dans l’avenir proche, qu’attendons-nous désormais de nos logements et de nos meubles futurs ? Voici les principaux enseignements de cette étude.

« Il n’est évidemment pas neutre de rester des semaines et des semaines chez soi. Cela change notre regard sur l’intérieur. C’est à partir de cette hypothèse que nous avons chargé l’IPEA de mener une enquête auprès des Français nous permettant d’avoir une idée plus précise sur le sujet », explique Gaëtan Menard, le président du salon Esprit Meuble. En effet, si la consommation de meubles repart nettement à la hausse depuis mai, il est important pour les organisateurs du salon de pouvoir anticiper et accompagner le changement. L’idée est de conformer un événement au mois de décembre. Il sera le reflet des attentes du consommateur et permettra de dynamiser le marché du meuble durablement.

Des conséquences claires sur notre vie en intérieur

L’étude menée par l’IPEA du 18 au 27 mai auprès de 3000 ménages français est riche en enseignements. Elle met ainsi en évidence que 19% des Français ont stoppé un projet d’achat de mobilier. 28% d’entre eux ont stoppé un projet de décoration pendant le confinement. Mais, bonne nouvelle, à la sortie de ce confinement, 80% d’entre eux veulent encore acheter. « Cette période a donné envie à 30% des Français de réaménager leur intérieur. 40% désirent acheter de nouveaux meubles », note Christophe Gazelle, directeur de l’IPEA. Sans surprises, si la maison est perçue avant tout comme un lieu pour recevoir, 22% des Français estiment que leur chez soi n’est pas assez grand. Ils ont besoin de plus d’espace de rangement pour les vêtements, les jouets, les livres, la vaisselle et les denrées alimentaires.

Travaux en vue

Il paraît donc logique qu’à la question « le constat et les activités pratiquées dans votre logement pendant le confinement vous a-t-il donné envie de faire des travaux ? », 70% des interrogés aient répondu oui. Il s’agit pour Christophe Gazelle d’une opportunité unique pour réorganiser le marché et monter en gamme. Mais pour bien faire, il faut tenir compte de plusieurs variables. La première : 38% des Français considèrent par exemple qu’un meuble ne doit pas être fabriqué à l’autre bout du monde. Ils recherchent modularité et personnalisation. Deux tendances déjà présentes depuis quelques années. Une attention toute particulière doit être apportée au salon-séjour, pièce de toutes les activités, dont, pour 19,5% des Français, le télétravail.

Pistes à suivre

Les conclusions de l’étude de l’IPEA ont permis à Winwin, agence de marques, de plancher sur les pistes à suivre par les fabricants de mobilier. L’agence a réfléchi par secteurs, identiques à ceux qui divisent l’espace au salon Esprit Meuble. « Les meubles doivent accompagner les grands et les petits changements en proposant du contenu expert et inspirant. Ergonomie et espaces modulaires sont indispensables», note Constance Gros, la directrice planning. Pour le sommeil, Winwin conseille aux fabricants de revaloriser la dimension textile et d’aider les consommateurs à se créer de nouveaux espaces de détente. « En décoration, il est nécessaire d’être force de proposition. Susciter le lancement de nouveaux projets, être attentif à la lumière, le confort, la couleur. De la même façon, côté cuisine, il faut de toute évidence miser sur l’ergonomie, le rangement, l’éclairage. En général de valoriser la cuisine comme lieu de vie, rassurant et innovant sur les aspects sanitaires ». Des propositions que l’on retrouvera au salon Esprit Meuble, qui se tiendra, si tout va bien, du 5 au 8 décembre à Paris Porte de Versailles.