Deskopolitan Château d’eau, site de coworking du 10 ème arrondissement de Paris a été réaménagé entre les mois d’août et d’octobre de l’année dernière. But de l’opération : créer des espaces cloisonnés plus intimes pour répondre à une demande croissante des stats-up et PME.

« L’open space n’est plus toujours pertinent, explique Alexis Rebiffé, l’un des deux fondateurs de Deskopolitan. Nous avons constaté que la communauté d’utilisateurs de coworking n’était pas entièrement composée de free-lances et d’auto-entrepreneurs, loin de là. Parmi nos clients, de plus en plus de start-up et de PME. Elles ont besoin d’espaces dédiés pour accueillir leurs équipes. Elles désirent aussi désirent garder l’ensemble des avantages du coworking. »

Alexis Rebiffé et son associé Paul Chevrillon, décident  de remettre le couvert et de réagencer leur site historique de 1400 m2 à Château d’Eau (10ème arrondissement de Paris). Ils en sont propriétaires et l’ont déjà transformé lors de son acquisition en 2016. En 2019, ils confient de nouveau les travaux au cabinet d’architecture londonien MoreySmith. Secondé par la designer d’espaces Lucile Bureau et l’entreprise contractante Quadrilatère, MoreySmith entièrement le rez-de-chaussée et le premier étage de cet immeuble de trois étages.

Espace Club

deskopolitan coworking

Deskopolitan Château d’Eau: au rdv, alliance de bois et de métal pour moderniser ce bâtiment historique

Le rez-de-chaussée, entièrement communautaire jusqu’au mois d’octobre, est désormais divisé en deux. D’abord une agora toujours communautaire mais plus petite. Elle est composée de tables de quatre personnes, un coin café, l’accueil et les casiers à courrier. Ensuite, un espace privé qui accueille sur deux niveaux la société Lucca. Celle-ci comprend une quarantaine de postes, son propre espace café, une salle de réunion, deux cabines téléphoniques insonorisées, des sanitaires, etc. « Nous n’avons pas revu l’architecture des lieux, puisque nous avions créé déjà des mezzanines et modernisé le look de ce bâtiment historique. Mais nous avons rénové l’existant (Deskopilitan a servi de siège de campagne aux équipes de Benoît Hammon lors des dernières présidentielles, ndlr), et ajouté des éléments de mobilier, des cloisons, des portes, revu l’acoustique, etc », explique Alexis Rebiffé.

Suivi des plans

Chargé du lot menuiserie par l’architecte, l’agenceur de l’Yonne Meubles Barré, a réalisé tout le mobilier sur mesure. Son atelier est bardé de machines à commandes numériques Biesse. Les plans de fabrications, quant à eux, ont été édités à l’aide du logiciel Top Solid de Missler Software. « Nous nous sommes notamment occupés de la banque d’accueil, de la grande bibliothèque, des petites tables et du parement mural en bois, réalisé à partir de parquet en chêne, détaille Mickael Bouillet, co-gérant de l’entreprise. Après avoir validé les plans de fabrication, Alexis Rebiffé et Paul Chevrillon sont venus voir les éléments fabriqués à l’atelier. C’est l’avantage de ne pas être trop loin de Paris ».

A l’étage, métal coulissant

Les bureaux peuvent désormais être privatisés pour des Start-up

Le premier étage a également été revisité. Autrefois open space avec une grande table centrale autour de laquelle travaillaient les locataires des services de Deskopolitan, il a désormais été  divisé en cinq bureaux. D’une quarantaine de m2 en moyenne, ils sont séparés par des cloisons métalliques « esprit eiffel »/ verre. Elles sont coulissantes et amovibles. Donc reconfigurables en fonction des besoins des occupants dans le temps. « Nous sommes multi-matériaux avec une grande spécialité dans les bureaux et le tertiaire. Nous avons beaucoup de produits référencés, confirme Mickael Bouillet. Nous savons les assembler mais nous avons sous-traité la fabrication du métal déployé. En revanche, c’est bel et bien notre entreprise qui a fabriqué le plan de travail en résine de synthèse de l’accueil. ».

Intégration et pose des éléments

Si le mobilier à l’étage est simple, tables blanches de travail identiques dans chaque espace séparé, le travail de fond a porté sur l’espace qui se situe au fond. Il comprend deux salles de réunion privatisables et un équipement connecté inséré dans le mobilier. « Nous sommes très vigilants quant à l’intégration des différents éléments, qui doit être impeccable et aux finitions, qui demandent la même précision dans la fabrication. Au rez-de-chaussée, notamment, nous avons travaillé le parquet mural en chêne pour le rendre plus homogène et résistant », note Thomas Barré, le deuxième co-gérant de l’entreprise d’agencement.

Quelques postes en open space subsistent

Une attention particulière a également été portée à la pose des éléments qui avaient étés validés par Alexis Rebiffé et Paul Chevrillon lors de leur visite dans l’Yonne. « Nous avons notre propre équipe de pose. Nous fournissons une prestation globale de a à Z. C’est important lorsqu’il s’agit d’agencement entièrement sur mesure, comme c’était le cas ici. Nous avons ainsi envoyé une équipe de trois personnes qui sont restées deux semaines sur place ». Les locaux de Deskopolitan ainsi réaménagés font davantage sens. Ils ne sacrifient rien à l’esthétique choisie par l’architecte au départ. Celle-ci fait la part  belle à la lumière, les matériaux chaleureux comme le bois, et la résistance, coworking oblige.

Article paru dans Woodsurfer 116